Le thème d’un réseau ferroviaire, une décision à la fois simple et complexe

Après avoir pris la décision de m’adonner au modélisme ferroviaire, après avoir fixé l’échelle, après avoir opté pour une norme de réseau modulaire, il m’a fallu arrêter le thème de mon réseau. Voilà une question qui peut sembler triviale, sans importance, voire ennuyante, mais qui peut au contraire être passionnante et source de créativité.

Disons-le tout de go, il y a autant de modélistes ferroviaires que de manière de pratiquer le modélisme ferroviaire, mais tout le monde est d’accord sur une chose : l’essentiel est de se faire plaisir. Untel prendra le sien dans un thème restrictif et une grande fidélité historique, un autre préférera un thème très libre, voire se cantonner à un réseau de manoeuvre sans décors. Et entre ces deux-là (ou à côté…), toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Comme en écriture, je n’aime pas les contraintes fortes, mais en avoir quelques-unes peut être un booster pour la créativité. D’ailleurs, faire un réseau comme celui de mon enfance/adolescence, tiré d’un catalogue et sans thème particulier ne m’inspirait pas du tout. Alors qu’après une courte réflexion, j’ai pu dénicher sans difficulté celui qui me motiverait sur le long terme.

Je suis auvergnat, et sans être indépendantiste, j’aime ma région. Et j’aime encore plus particulièrement la « région » des Combrailles, dans laquelle se trouve mon village, Pionsat. Et l’un des bâtiments les plus jolis de celui-ci, avec le château et la mairie, c’est l’ancienne gare. Ancienne, car il y a bien longtemps que les trains n’y passent plus.

La ligne de Montluçon à Gouttières, ouverte en 1931, a été fermée aux voyageurs en 1939 (brièvement rouverte pendant la guerre) et aux marchandises en 1969. Elle fut déferrée en 1972. Étant né en 1980 et étant pionsatois depuis seulement dix ans, je n’y ai donc jamais vu passer les trains. Il n’empêche que cette ligne, qui reliait la ville dont je suis originaire à ma région d’adoption, m’inspire par ses décors, son ambiance, son histoire.

L’idée m’a effleuré l’esprit de coller à la réalité historique, mais cela aurait voulu dire me restreindre aux locomotives à vapeur, et cela aurait aussi muselé ma créativité. Je n’ai rien contre les vénérables, mais j’avais envie de jouer avec des trains que j’ai empruntés, notamment lorsque j’étais étudiant (à savoir les TER à base de X2100, X2200, X2800, X72500 et X73500) ou les trains de marchandises que j’ai vus circuler (notamment des rames à bases de BB67000 ou de BB72000). J’ai donc décidé de partir sur le thème uchronique « Si la ligne Montluçon-Gouttières n’avait jamais fermé ». Cela veut dire qu’il me faudra être vraisemblable (sans parler des décors, pas de locomotive électrique et encore moins de TGV par exemple), mais que j’aurai une certaine liberté dans les histoires que je souhaite raconter autour de ce réseau (pour expliquer par exemple pourquoi telle ou telle rame y roule alors qu’elle n’y a en réalité jamais posé les essieux).

Avec cet article, j’espère vous avoir donné un avant-goût des délices du réseau thématique, en vous montrant notamment que celui-ci peut être large et peu contraignant, et surtout source d’idées. La prochaine fois, je vous retracerai un bref historique de la ligne, car même dans un réseau uchronique, c’est toujours mieux de savoir d’où l’on part.

2 commentaires sur “Le thème d’un réseau ferroviaire, une décision à la fois simple et complexe

  1. Très sympa comme thème, ça doit en effet bien booster ta créativité ! Sauf erreur de ma part et malgré quelques indices, tu n’as pas précisé l’époque. Années 80 je suppose ?

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